Cher Willem,
Merci pour ton message du 13 avril sur les séminaires à
Louvain-la-Neuve et pour les paroles d'appui à HED.
Nous sommes aussi très contents avec l'évolution des débats
dans notre jeune liste de discussion, sur tout des échanges
entre historiens espagnols et latino-américains, mais jamais
autocomplaisants: ils nous manque la diversité de langues et
nationalités que nous avons réussi dans les congrès
"Histoire en débat" (et parmi les visiteurs de notre
site web), grâce naturellement à la traduction simultanée que,
pour le moment, c'est plus difficile sur Internet. Mais nous
continuons à l'essayer: la preuve ce petit débat latino-belge.
Tu as raison, c'est exemplaire la position engagée des
historiens dans les sociétés d' Amérique latine, que nous
diffusons volontiers, qui s'exprime aussi en Allemagne. C'est
pour cela que nous sommes intéressés dans les activités de
l'Institut de théorie critique à Berlin qui essai de repenser
l'idée du progrès... Mais le nouvel engagement des académiciens
en Europe a d'autre exemple très remarquable en France, parmi
les sociologues et les philosophes: malheureusement nos collègues
les historiens vont en retard et ont perdu une parti importante
de sa connexion avec la société réussie auparavant par la
"nouvelle histoire".
Sur les thèmes que nous avons discuté à Louvain-la-Neuve (pour
moi se fut un grand honneur collaborer dans la fondation du
"projet départemental" d'histoire). Nous sommes tout
à fait d'accord que l'histoire doit être une "activité
profondément rationnelle" (a mon avis, il faut "une
autre rationalité" pour rendre compte de la partie juste de
la critique post-moderne), mais aussi profondément "réaliste".
Est-ce que (pour parler de ta magnifique recherche) Beethoven n'a
pas existé réellement? Est- ce que le mythe de Beethoven ne
fait pas partie de la réalité?
Vraiment, il faut démontrer qu'il est possible un réalisme
historiographique pas naïf?
La raison de l'échec de la proposition post-moderne par rapport
à l'histoire, même aux Etats Unis, n'est pas seulement -tu as
aussi raison- parce que "beaucoup de critiques post-
modernistes ne tiennent pas compte des traditions de recherches,
traditions d'enseignements dans les universités...", sinon
parce que la substitution proposée des paradigmes
historiographiques en crise pour les paradigmes de la littérature,
en plus d'impossible n'est pas souhaitable, et d'ailleurs
favorise le phénomène contraire, c'est à dire le
"tournant positiviste" que beaucoup de collègues
pratiquent dernièrement.
Je crois que la contribution plus importante de la critique
post-moderne à l'histoire professionnelle est de faire possible
la transition vers un nouveau paradigme sans "naivité epistémologique".
Pour cela, en effet, il faut "mettre à jour notre concept
de science" contre la stratégie des partisans -normalement,
cachés- du "tournant positiviste", mais aussi contre
la stratégie tout à fait explicite du post-modernisme radical
que, pour nier que l'histoire soit, ou peut être, une science
nie notamment que la physique soit un science. A cet égard nous
ne sommes pas d'accord, sans cela le débat n'existerait pas...
Tu dis que l'historien introduit des "jugements de valeur
(c'est à dire des choix subjectifs)" dans sa recherche,
bien sûr, mais les physiques aussi. Après Eisntein (la
relativité du temp et de l'espace dans l'univers) et Heisenberg
(les particules et l'incertitude de son observation), la physique
a abandonné -au commencement du XX siècle!- la "naivité
epistémologique". Ce n'est pas scientifique, aujourd'hui
parler des "données non interprétables". En plus, en
1962, Thomas S. Kuhn a démontré que les communautés
scientifiques décident les vérités scientifiques en tenant
compte les résultats de la recherche empirique mais aussi les
"jugements de valeur (c'est à dire des choix
subjectives)".
Est-il possible d'être critique et maintenir par tout un concept
de science du XIX siècle (en réalité du XVII siècle)? Non.
C'est pour cela que le post-modernisme finalement ne peut pas
nous convaincre.
En conclusion, je prône un changement de la stratégie académique
du post-modernisme qui quelqu'uns (Willem Ereauw aussi) ont
commencé, au-délá du débat modernité/post- modernité qui
nous aide à trouvé un nouveau paradigme fondé sur une
"autre rationalité", un "autre réalisme",
une "autre idée du progrès".
Très amicalement,
Carlos Barros
Université de Saint-Jacques de Compostelle
E-mail: cbarros@retemail.es
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