Historia Inmediata
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Historia y Ecología |
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M.Patricio Carvajal Aravena, Nul doute que vos propos recèlent une part de l'explication des problèmes bioclimatiques et écologiques qui mettent en péril notre planète. Cependant, je trouve que vous avez tendance à sombrer dans un "antioccidentalisme" douteux. Si il est vrai que les sociétés industrielles européennes, puis américaines et asiatiques sont, depuis le XIXème siècle et selon le rythme de leur développement, à l'origine de la pollution atmosphérique et de l'eau, on ne peut, aujourd'hui, dans le cadre de la mondialisation néolibérale avec l'émergence d'acteurs peu ouverts aux questions environnementales, circonscrire cette problématique aux excès de la modernité occidentale. Par exemple - et même si cela peut apparaître tardif et/ou opportuniste -, la plupart des Etats de l'UE ont ratifié les accords internationaux portant sur la protection de l'environnement afin de limiter les rejets industriels et les pollutions connexes à ces activités, ceci dénote - malgré toute la circonspection que cette attitude implique - d'une prise de conscience et d'un désir de vouloir modifier la donne dans un contexte certes inquiétant. Autre point de votre discours - qui a peut être dépassé votre pensée - est l'allusion faite aux crimes et aux génocides perpétrés par "tous les Européens" comme mode de régulation de la démographie en remontant jusqu'aux guerres de l'Antiquité - relatées par Hérodote et Thucydide et , vous invoquez en cela votre statut d'historien. Pour ma part, en tant qu'historien, je ne suis pas persuadé que la préservation des milieux et les effets néfastes de l'homme passent nécessairement par la diabolisation de quelques uns ou par des procès d'intention peu amènes mais par une prise de conscience mondiale qui dépend en grande partie du niveau d'instruction des populations et de la volonté politique des gouvernements d'agir pour limiter les impacts de l'activité humaine sur la planète et surtout, protéger notre environnement ; cela dans un délai très court car l'ensemble des sociétés sont impliquées dans cette lutte vitale. Spécialiste de l'histoire immédiate du Chili, je n'ai pas besoin de vous rappeler les conséquences du "fog" sur la population du grand Santiago, capitale d'un pays non occidental. Vous avez parfaitement raison lorsque vous dites que les principaux responsables des dégats bioclimatiques ne sont et ne seront pas les premières victimes ; nonobstant cette réalité, elles n'échapperont pas à la mondialisation des dérèglements climatiques. Après plusieurs siècles de déni, l'écologie intègre les paradigmes historiques universels. Cordialement. Nicolas Prognon (GRHI, Toulouse) |