Historia Inmediata
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Memoria |
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Amigos de HaD / HI,
Dado el interés del debate francés sobre
memoria e historia, reproducimos a continuación los tres
manifiestos publicados (¿quién dijo que no es hora de
manifiestos?), las traducciones van al final:
1) Manifiesto contra la ley del 23 de febrero
de 2005 que reconoce el rol positivo de los franceses en
Argelia, fue firmado hasta abril por 1038 colegas.
2) Manifiesto del 13 de diciembre de 2005
contra la ley del 23 de febrero y también contra otras leyes
anteriores condenando el racismo, el genocido armenio de
1915 y la esclavitud (motivo del procesamiento Olivier Pétré-Grenouilleau
que justamente denunciaba aquí Guy Perville), fue firmando
hasta el 5 / 2/ 2006 por 608 colegas (parte de los firmantes
del primer documento no firman éste).
3) Manifiesto del 20 de dicembre de 2005 de
31 intelectuales franceses, algunos historiadores, contra la
petición de los anteriores de derogar todas esas leyes.
Información completa en Wikipedia:
Carlos Barros
Coordinador de Historia a Debate
cbarros@wanadoo.es
TEXTOS
La loi du 23 février 2005 « portant
reconnaissance de la Nation et contribution nationale en
faveur des Français rapatriés » a des implications sur
l’exercice de notre métier et engage les aspects
pédagogiques, scientifiques et civiques de notre discipline.
Son article 4 dispose :
« Les programmes de recherche universitaire
accordent à l’histoire de la présence française outre-mer,
notamment en Afrique du Nord, la place qu’elle mérite.
Les programmes scolaires reconnaissent en
particulier le rôle positif de la présence française outre-mer,
notamment en Afrique du Nord, et accordent à l’histoire et
aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de
ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit
... »
Il faut abroger d’urgence cette loi,
- parce qu’elle impose une histoire
officielle, contraire à la neutralité scolaire et au respect
de la liberté de pensée qui sont au cœur de la laïcité,-
parce que, en ne retenant que le « rôle positif » de la
colonisation, elle impose un mensonge officiel sur des
crimes, sur des massacres allant parfois jusqu’au génocide,
sur l’esclavage, sur le racisme hérité de ce passé,- parce
qu’elle légalise un communautarisme nationaliste suscitant
en réaction le communautarisme de groupes ainsi interdits de
tout passé.
Les historiens ont une responsabilité
particulière pour promouvoir des recherches et un
enseignement
- qui confèrent à la colonisation et à
l’immigration, à la pluralité qui en résulte, toute leur
place,- qui, par un travail en commun, par une confrontation
entre les historiens des sociétés impliquées rendent compte
de la complexité de ces phénomènes,- qui, enfin, s’assignent
pour tâche l’explication des processus tendant vers un monde
à la fois de plus en plus unifié et divisé.
Claude Liauzu, professeur émérite à
l’université Denis Diderot-Paris 7;Gilbert Meynier,
professeur émérite à l’université de Nancy ;Gérard Noiriel,
directeur d’études à l’EHESS ; Frédéric Régent, professeur à
l’université des Antilles et de Guyane ;Trinh Van Thao,
professeur à l’université d’Aix-en-Provence ;Lucette Valensi,
directrice d’études à l’EHESS.
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Mardi 13 décembre 2005 :
Une pétition pour l'abrogation des articles
de loi contraignant la rechercheet l'enseignement de cette
discipline.
Émus par les interventions politiques de plus
en plus fréquentes dans l'appréciation des événements du
passé et par les procédures judiciaires touchant des
historiens et des penseurs, nous tenons à rappeler les
principes suivants :
L'histoire n'est pas une religion.
L'historien n'accepte aucun dogme, ne respecte aucun
interdit, ne connaît pas de tabous. Il peut être dérangeant.
L'histoire n'est pas la morale. L'historien
n'a pas pour rôle d'exalter ou de condamner, il explique.
L'histoire n'est pas l'esclave de l'actualité.
L'historien ne plaque pas sur le passé des schémas
idéologiques contemporains et n'introduit pas dans les
événements d'autrefois la sensibilité d'aujourd'hui.
L'histoire n'est pas la mémoire. L'historien,
dans une démarche scientifique, recueille les souvenirs des
hommes, les compare entre eux, les confronte aux documents,
aux objets, aux traces, et établit les faits. L'histoire
tient compte de la mémoire, elle ne s'y réduit pas.
L'histoire n'est pas un objet juridique. Dans
un Etat libre, il n'appartient ni au Parlement ni à
l'autorité judiciaire de définir la vérité historique. La
politique de l'Etat, même animée des meilleures intentions,
n'est pas la politique de l'histoire.
C'est en violation de ces principes que des
articles de lois successives notamment lois du 13 juillet
1990, du 29 janvier 2001, du 21 mai 2001, du 23 février 2005
ont restreint la liberté de l'historien, lui ont dit, sous
peine de sanctions, ce qu'il doit chercher et ce qu'il doit
trouver, lui ont prescrit des méthodes et posé des limites.
Nous demandons l'abrogation de ces
dispositions législatives indignes d'un régime démocratique.
Les signataires :
Jean-Pierre Azéma, Elisabeth Badinter,
Jean-Jacques Becker, Françoise Chandernagor, Alain Decaux,
Marc Ferro, Jacques Julliard, Jean Leclant, Pierre Milza,
Pierre Nora, Mona Ozouf, Jean-Claude Perrot, Antoine Prost,
René Rémond, Maurice Vaïsse, Jean-Pierre Vernant, Paul Veyne,
Pierre Vidal-Naquet et Michel Winock
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20 décembre 2005
Trente et une personnalités dont des
écrivains, des juristes et des historiens se sont
prononcés contre la pétition lancée le 12 décembre par 19
historiens qui demandaient l'abrogation d'articles de loi
qu'ils qualifiaient d'"indignes d'un régime démocratique".
En nous opposant à la pétition « une liberté
pour l’Histoire », nous pensons que le droit à la dignité ne
limite pas la liberté d’expression. Nous revendiquons pour
tout un chacun une pleine et entière liberté de recherche et
d’expression. Mais il paraît pernicieux de faire l’amalgame
entre un article de loi éminemment discutable et trois
autres lois de nature radicalement différente. La première
fait d’une position politique le contenu légal des
enseignements scolaires et il paraît souhaitable de
l’abroger. Les secondes reconnaissent des faits attestés de
génocides ou de crimes contre l’humanité afin de lutter
contre le déni, et de préserver la dignité de victimes
offensées par ce déni.
Ces trois lois ne restreignent en rien la
liberté de recherche et d’expression. Quel historien a
jamais été empêché par la loi Gayssot de travailler sur la
Shoah et d’en parler ? Déclarative, la loi du 29 janvier
2001 ne dit pas l’histoire. Elle prend acte d’un fait établi
par les historiens le génocide des Arméniens et s’oppose
publiquement à un négationnisme d’Etat puissant, pervers et
sophistiqué. Quant à la loi Taubira, elle se borne
simplement à reconnaître que l’esclavage et la traite
négrière constituent des crimes contre l'humanité que les
programmes scolaires et universitaires devront traiter en
conséquence.
Le législateur ne s’est pas immiscé sur le
territoire de l’historien. Il s’y est adossé pour limiter
les dénis afférents à ces sujets historiques très
spécifiques, qui comportent une dimension criminelle, et qui
font en tant que tels l’objet de tentatives politiques de
travestissements. Ces lois votées ne sanctionnent pas des
opinions mais reconnaissent et nomment des délits qui, au
même titre que le racisme, la diffamation ou la diffusion de
fausses informations, menacent l’ordre public.
L’historien serait-il le seul citoyen à être
au-dessus de la loi ? Jouirait-il d’un titre qui l’autorise
à transgresser avec désinvolture les règles communes de
notre société ? Là n’est pas l’esprit de la République où,
comme le rappelle l’article 11 de la déclaration des Droits
de l’Homme, « tout citoyen peut parler, écrire, imprimer
librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans
les cas déterminés par la loi ».
Signataires :
Claire Ambroselli, Muriel Beckouche, Tal
Bruttmann, Yves Chevalier, Didier Daeninckx, Frédéric Encel,
Dafroza Gauthier, Alain Jakubowicz, Bernard Jouanneau,
Raymond Kévorkian, Serge Klarsfeld, Marc Knobel, Joël Kotek,
Claude Lanzmann, Laurent Leylekian, Stéphane Lilti, Eric
Marty, Odile Morisseau, Claire Mouradian, Assumpta
Mugiraneza, Claude Mutafian, Philippe Oriol, Gérard Panczer,
Michel Péneau, Iannis Roder, Georges-Elia Sarfati, Richard
Sebban, Yveline Stéphan, Danis Tanovic, Yves Ternon,
Philippe Videlier
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