Bref compte-rendu du IIIème congrès international « Histoire en
débat »
Organisation et thématique générale :
Cinquante universités des cinq continents et 340 équipes de
recherche étaient présentes à Saint Jacques de Compostelle ; cet
important forum scientifique des temps contemporain a réuni 300
historiens et chercheurs en sciences humaines, entre le 14 et le
18 juillet 2004. L’objectif du congrès était de répondre à la
problématique suivante : « comment écrire l’histoire au XXIème
siècle », en considérant des événements majeurs et structurants
tels les attentats du 11 septembre 2001 et ceux du 11 mars 2004
en Espagne, ou encore, des questions méthodologiques et
épistémologiques comme : la crise des paradigmes
historiographiques en abordant les différentes écoles - les
Annales, le matérialisme historique, les courants postmodernes
-. Ces débats se sont articulés autour des préceptes du
Manifeste « Histoire en débat », auquel avait adhéré, depuis le
précédent congrès, 328 historiens dans le monde.
De plus, ce congrès était relayé par une retransmission
instantanée sur la toile des conférences, tables rondes qui se
déroulaient dan l’auditorium ; de fait, environ 7000 cybernautes
ont suivi quotidiennement les débats. Toutes les informations
complémentaires sont accessibles sur le site :
www.h-debate.com.
Orientations principales du congrès :
Notons, en remarque liminaire, que la diversité des horizons
géographiques a rendu ce congrès vivant et original ; n’omettons
pas de déplorer la faible contribution de la « communauté
scientifique française »…
Il est évident que la concentration des conférences et des
tables rondes ne permet pas d’assister à l’ensemble du Congrès[1]
; cependant, des échanges, avec des participants, permettent de
penser que, sous des approches plus ou moins précises, les
débats ont convergé vers quelques points d’étude :
- La validité de l’histoire immédiate
- Le caractère global de l’histoire et les dangers liés à sa
fragmentation
- Les nouveaux paradigmes historiques
- L’historiographie
- Les nouvelles technologies de l’information
- Le rôle de l’historien à l’heure de la globalisation
- La nécessité d’un travail en réseau et des échanges
interuniversitaires
- Le Manifeste d’ Histoire en débat : le texte est accessible
sur le site cité ci-dessus en français, anglais et espagnol.
Dans cette optique, nous pouvons relever quelques moments
marquants pour les congréssistes, qui n’ont pas pour autant
forcément adhéré aux propos et aux exposés des intervenants.
1.. la séance inaugurale animée part Etienne Bloch, fils de
Marc Bloch, qui nous a présentés l’œuvre de son père durant sa
déportation. 2.. la conférence plénière de l’historien,
marxiste et chantre de l’histoire globale, André Gunder Frank
sur les thèmes de « histoire globale et théorie sociale »,
élaborant une démonstration sur les diverses théories en
histoire et critiquant les thèses sans fondement de Huntington
et de Fukuyama. 3.. La conférence plénière de Carlos Barros,
coordonnateur et théoricien d’ « Histoire en Débat » présentant
une micro histoire de groupe en évoquant les deux précédents
congrès et en appelant l’ensemble de la communauté des
historiens à communiquer par le biais du Manifeste « Historie en
Débat », qui ne constitue en rien même si certains éléments
sont discutables un espace dogmatique mais un lieu d’échange
sur l’ensemble des thèmes concernant et connexes à l’Histoire.
Le GRHI, une source d’intérêt pour HAD…
M. Barros a déploré l’absence de M. Soulet, il aurait aimé qu’il
puisse animer une conférence plénière ; néanmoins, il a été ravi
de constater que la France s’ouvrait lentement - au débat avec
la présence de M. Thibon, pour l’université de Pau, Frédérique
Langue, pour l’EHESS que vous connaissez et moi-même, pour
le GRHI, il n’a d’ailleurs pas hésité à évoquer ces présences
comme de nouvelles pistes lors de sa conférence plénière - je
l’ai informé des changements intervenus au sein du GRHI-. Il
espère, malgré tout, que la collaboration entre le GRHI et HAD
se concrétisera dès 2005. En outre, le GRHI a été représenté
lors de deux tables rondes : « Etat et société civile dans
l’Histoire » sur le thème de « la défiance de la société civile
envers l’Etat : l’exemple de la population toulousaine après le
21 septembre 2001 », et « Les formes de sociétés et leurs
transitions » à partir des « paradigmes chiliens : des «
révolutions » aux transitions (1964-1989) », et lors de la
conférence intitulée « Histoire et droits de l’homme » avec une
communication sur « La question des droits de l’homme pour et
sous la transition démocratique chilienne ».
NICOLAS PROGNON
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[1] La liste des séances, auxquelles j’ai assisté, est la
suivante :
- pour les conférences : « Mieux connaître Marc Bloch.
Quelques aspects de son œuvre », « Reconstruction du paradigme
historiographique », « historiographie globale et théorie
sociale », « L’Histoire mixte comme Histoire globale », «
L’Histoire immédiate est-elle possible ? », « La fin de
l’Histoire aujourd’hui ? », « HAD, un paradigme global pour
l’écriture de
l’Histoire », « Histoire et droits de l’homme », « sociétés,
cultures et paradigmes historiques ».
- pour les tables rondes : « « globalisation,
antiglobalisation, Histoire », « Etat et société civile dans
l’histoire », « 11 mars et 11 septembre », « Orient et Occident
», « groupes, mouvements et réseaux historiographiques ».