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(17/04/00)


  1. HED. Séminaire à Louvain 6

  2. HaD. Colonización y perdón 11


1. HED. Séminaire à Louvain 6
(17/04/00)

Après notre rencontre à Louvain-la-Neuve il y a deux semaines, voici mes reflections et quelques critiques sur votre exposé, comme je vous l'avais promis. A cause des tâches plus urgentes, je n'ai pas pu vous écrire plus tôt.

En premier lieu, j'ai une grande admiration pour vos initiatives dans le cadre du Historia a Debate, de votre pladoyer pour un rapprochement entre historiographie, la théorie et la pratique de l'histoire. Dans mon travail d'historien, aussi humble qu'il soit, j'ai toujours eu le même but.

La pertinence de l'histoire et de l'historiographie pour des questions sociétales, comme cela est clair pour les discussions entre Espagnols et Latino-Américains dans le réseau HaD et pour la position de l'historien dans les sociétés en Amérique latine, pour moi je le retrouve dans une maniére aussi en Allemagne. Là aussi, il ya un rapport très prononcé entre questions sociétales et l'histoire, notemment comment vivre avec la culpabilité du peulple allemand après Auschwitz, la quasi impossibilité de s'engager avec l'histoire d'une manière non-culpabilisée, une crispation qui se reflêtait pendant les mois passée dans l'indésicion concernant la question comment construire un monument pour l'Holocaust à Berlin.

Comme je vous ai dit à Louvain-la-Neuve, je travaille à un doctorat sur le "mythe de Beethoven", un travail ou je combine l'histoire de la réceptoin de Beethoven, son rôle politique et idéologique en Allemagne pendant la période 1827 (mort de Beethoven) jusqu'a 1989, avec des réflexions de l'esthétique de la musique, de la théorie politique (notemment le totalitarisme) et bien-sûr, une partie importante sera consacrée à la théorie d'histoire. Je veux créer un nouvel cadre théorique pour expliquer comment un mythe fonctionne, pour enfin pouvoir en finir avec la nébulosité qui, depuis le 19ème siècle, a entouré ce concept du "mythe de Beethoven". Pour cet encadrement théorique, des perspectives dites "postmodernes" sur la nature discursive et constructiviste de notre relation avec le passé et de notre connaissance de l'histoire, me sont très utiles.

Ma curiosité pour la théorie, pour des aprioris conceptuelles qui nous guident, sans que nous en sommes conscients, a été davantage stimulé par ce qui se passe dans la musicologie. Il faut que je dise que, de formation initiale, je suis musicien (violon et alto) et je voulais dons faire de la recherche historique en tenant compte de ce background, ce qui implique aussi de la musicologie.

Et c'est dans ce terrain, qui est traditionnellement aussi une discipline historique, qui c'est passé un effondrement de paradigmes peut-être encore plus radicale que dans le monde des historiens. L'ancien paradigme musicologique contenait principalement l'analyse des partitions, qui impliquait un hommage permanente du canon de la musique classique, des grands oeuvres du répertoire. Les aprioris implicites, comme la vénération de cette musique au détriment d'autres genres musicaux, les connotations morales considérant la musique classique comme meilleur, sont frontalement attaquées maintenant. Le résultat, c'est une musicologie beaucoup plus élargie, qui pose des question sur les fondaments et la génèse de la musique classique comme pratique culturelle élitaire, et qui se penche sur toutes les formes d'expression musicale possibles. Pendant le congrès mondiale des musicologues, tenu à Londres en août 1997, j'ai pu faire l'expérience de ces tempêtes qui secouent la discipline musicologique.

Revenons sur la théorie d'histoire, que j'ai enseigné pendant plusieurs années en tant que chercheur à l'université de Gand. Là, j'ai pu constater combien des vieilles conceptions de notre discipline survivent toujours, surtout un réalisme naif en ce qui concerne la connaissance de l'histoire, une naivité epistémologique je dirais. Encore plus pénible était le fait que la pluspart des collègues se déinteressaient pour la théorie, le considéraient comme n'apportant rien au travail véritable de l'historien, seulement un passe-temps pour des philosophes ...

J'ai souvent profité d'attirer l'attention des étudiants sur le linguistic turn, sur la problématisation de la relation entre passé et présent, sur la question si et dans quelle mesure notre discipline pourrait être considérée comme science. Et c'est donc sur votre appel de "mettre à jour notre concept de science" et votre désir chercher "une autre rationalité" pour notre discipline que j'aimerais vous communiquer ces quelques réflexions, outre ma contribution pour la table ronde tenu à Santiago sur la question "Is History still a science ?"

Comme vous l'indiquez, la question n'est nullement sans conséquences pour le statut de notre discipline dans la société comme dans l'université. Puisque l'étude de l'histoire fait partie de l'université, c'est par définition conçu comme une science ou au moins une activité scientifique. Cependant, depuis des années j'ai été fort séduit par différents auteurs situés dans le courant post-moderniste, qui, en évoquant le linguistic turn, critiquent ou qui nient la scientificité de l'histoire. Je comprends leurs critiques sûrtout en tant que réaction contre un réalisme naif qui reigne encore dans beaucoup de cercles d'historiens. Néanmoins, beaucoup de critiques post-modernistes ne tiennent pas compte des traditions de recherches, traditions d'enseignements dans les universités, de la dépendence de l'état d'une grande partie de la recherche. Ce sont là des éléments qui constituent des paradigmes et sont beaucoup plus difficiles à changer que les postmodernistes ne le croient.

Maintenant, après des années d'engagament presque quotidien avec ces questions théoriques, en cherchant une voie autre que moderniste ou prostmoderniste, et en savant intuitivement que je pouvais découvrir cette voie, je crois que je peux contribuer à éclairer la question comment procéder pour "mettre à jour l'histoire comme science".

Je suis bien d'accord avec vous que beaucoup d'historiens imaginent encore trop l'idéal de science dans une recherche d'une vérité définitive et absolue. Les résultats des science dites "dures" sont aussi provisoires que dans notre discipline, comme vous dites, mais cela ne veut pas dire que, selon moi, on peut oublier les differences fondamentales entre la maniére avec laquelle on procède en faisant, disons, de la physique, et en faisant de l'histoire.

La grande différence ce trouve, selon moi, dans les moyens discursives et les logiques différentes qu'on utilise. Je m'explique.

Dans notre discipline, la recherche est toujours faite dans un cadre impliquant des jugements de valeur (c'est à dire des choix subjectives). On sélectionne les faits qu'on trouve importants, on néglige d'autres selon des critères qui reflètent ce cadre, qui reflètent une interprétation souvent tacite et les jugements de valeur qui en sont impliqués.

Lorsqu'on travaille dans un tel cadre sans le contester, ou si on essaye de changer de perspective et de créer un nouveau cadre d'interprétation, dans les deux cas les cadres sont instables, parce que basés sur des jugements de valeur qui sont toujours discutables. D'ailleurs, pour beaucoup de grands débats sur des sujets historiques, il ne s'agit pas de la justesse ou de l'objectivité des données, mais bien des interprétations concurrentes, des différents cadres qui guident notre "observation" du passé.

Quand on parle de la Révolution Française, de la Renaissance ou de la Seconde Guerre Mondiale, ce sont des entités qui ne sont pas bien limitées par une définition, il existe toujours la concurrences entre plusieurs définitions, il existe toujours la liberté de présenter des nouvelles définitions ou des nouvelles images de l'histoire.

Ces cadres conceptuelles, basés sur des jugements de valeur, n'ont en aucun cas la stabilité des axiomes ou des lois de la nature qui sont exprimés en formules mathématiques. Un axiome ne peut pas être interpreté, il résiste à toute interprétation. Faire de la mathématique ou de la physique implique justement qu'on prend la définition des entités (u point, une ligne etc.) comme données non interprétables, et c'est cela qui rend possible la logique formelle, qui est la manière de procéder en faisant de la recherche dans les sciences strictu sensu.

Bien-sûr, je sais que dans notre discipline, il existe aussi des règles non interpretables, comme certaines procédures techniques par exemple. La paléographie ou les règles de la critique historique qu'il faut pratiquer et respecter pour être pris au sérieux. Là, notre discipline peut être décrite sûrement comme une science. mais quand il s'agit des interprétations fondamentales, impliquant des jugements de valeur, qui forment les bases de toute entreprise de recherche, là on manque de tertium comparationis, comme le dirait Descartes. Là, on se rend compte qu'on ne peut pas procéder par la logique formelle. Mais, d'autre côté, c'est justement cette liberté de toujours pouvoir redéfinir les grands thèmes de l'histoire, ce flou ontologique dont les grands concepts de l'histoire sont enveloppés, qui fait leur charme...

Est-que maintenant, ce flou ontologique veut dire qu'on se trouve dans le relativisme où tout est possible, où les interprétations les plus méchantes (comme le négationisme) peuvent pospérer, comme le disent certains auteurs qui veulent agir contre le post-modernisme ? Est-ce qu'on se perd dans un marasme irrationnel où les arguments rationnels ne comptent plus ?

Pas du tout !, et c'est ici que je voudrais introduire mon point décisif, qui peut sauver notre discipline, si ce n'est pas comme science strictu sensu, en tous cas comme activité profondément rationnelle.

Mon point est basé sur le courant du dites "nouvelle rhétorique", qui date déjà des années soixantes, et qui est une révaluation de l'ancienne théorie de la rhétorique, non pas comme technique pour embellir un texte, mais comme théorie de l'argumentation. La nouvelle rhétorique a eu une grande influence sur la philosophie, notamment dans la philosophie du droit, sans pour autant avoir influencé la théorie d'histoire. Bien-sûr, des auteurs dans le courant post-moderniste parlent souvent de la rhétorique, de l'histoire comme activité rhétorique, mais là on désigne avec ce mot plutôt un genre littéraire ou l'importance des figures de style qui seraient fondamentales dans l'historiographie (avec Hayden White comme précurseur).

En "injectant" les résultats de la nouvelle rhétorique dans la théorie d'histoire, je veux aller au delà de ces positions post-modernistes. Outre l'importance des figures de style, la nouvelle rhétorique fait une classification des modes de penser et d'argumenter pour ces terrains où on ne peut pas procéder avec la logique formelle, les terrains dont les bases sont fondées sur des jugements de valeur, comme l'histoire, mais aussi la philosophie, la jurisprudence, la politique...

Il en résulte que, sans pouvoir utiliser la logique formelle et ainsi revendiquer le statut de science, il s'agit néanmoins des activités profondément rationnelles qui utilisent une logique dites "non-formelle", avec laquelle on peut défendre, convaicre et argumenter avec son interprétation et ses jugements de valeur.

Dans mon doctorat, ainsi que dans une contribution pour le congrès internationale à Oslo, j'en profiterai d'attiré l'attention sur l'oeuvre de Chaïm Perelman, qui fut professeur en philosophie de l'Université libre de Bruxelles et grand initiateur de la nouvelle rhétorique.

Et bien, cher professeur, je crains que j'étais quelque peu long, mais je ne pouvais pas m'arrêter de dévelloper mes pensées, en sachant que vous êtes un homme avec l'esprit bon et le coeur intelligent (proverbe russe).

Bien à vous,

Willem Erauw
willem.erauw4@yucom.be


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2. HaD. Colonización y perdón 11
(17/04/00)

Creo que mi colega Javier Arriaga Sevilla tiene toda la razón en negarse a pedir perdón por algo que él no hizo, y que muy probablemente ninguno de sus antepasados tampoco. Por otro lado me llama la atención que un argentino moderno (Teodoro Blanco) se considere víctima junto con los indígenas de la colonización europea, cuando fueron los propios argentinos quienes se encargaron de exterminar casi completamente a la población nativa de su país...pero tampoco es su culpa, y quizá de ninguno de sus antepasados. Seguirnos manejando a estas alturas por medio de estereotipos nacionalistas tan burdos resulta simplemente inútil. En mi país (México) generalmente las lágrimas de cocodrilo sobre la maldad de los españoles que "nos" conquistaron a los mexicanos, han sido la cobertura ideológica de discursos y prácticas etnocidas con las poblaciones indígenas actuales. En Argentina probablemente hayan servido para lo mismo, como buen mito nacionalista. Si vamos a discutir y quizá comprender, que nunca justificar, la violencia y destrucción que provocó la llegada de los europeos a este continente tenemos que empezar por analizar críticamente nuestra propia posición en el complejo mosaíco cultural y étnico de nuestro continente.

Mtro. Federico Navarrete Linares
Instituto de Investigaciones Historicas
Universidad Nacional Autonoma de Mexico
e-mail: fnl@servidor.unam.mx
Tel y fax: (525) 56 22 75 20


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